La maréchalerie pour l’âne

Saint Eloi  : Le patron des Maréchaux ferrant.

Pour le cheval et l’âne meilleurs amis et serviteurs de l’homme après l’ange il est celui qui chausse le sabot, mais aussi celui qui s’occupe des dents et soigne les maux.

La santé du pied du cheval ou de l’âne influx sur la santé et le bien être de la bête en général.

Il est un peu l’ancêtre du vétérinaire (on l’appelait souvent dans le temps jadis « le maréchal soigneur » avant la création des écoles vétérinaires en 1825.

Est’ il un sorcier, parce qu’il côtoie le feu ? Il s’en défend, il est un spécialiste dans son métier. Au siècle dernier, la maréchalerie était bien souvent une histoire de famille, le savoir se transmettait de père en fils, de maître en apprenti. Certaines familles on pratiqué ce métier pendant plusieurs générations. Aujourd’hui il faut un diplôme pour exercer ce métier, plusieurs écoles sanctionnent cette profession.

DIPLOME  :

CAPA de Maréchalerie 3 ans d’étude + BAC Pro.

Indispensable pour commencer :

Les Outils du Maréchal Ferrant : Le TABLIER de CUIR uniforme indispensable pour se protéger.

Les TRICOISES, tenailles pour enlever les anciens fers et les excédents de corne.

Le BOUTOIR et le ROGNE—PIED outils formé d’une lame.

La MAILLOCHE, le marteau appelé aussi BROCHOIR ou MARTEAU à FERRER.

La RAINETTE pour terminer le parage et nettoyer le dessous du sabot.

La RAPE pour limer les cotés et le dessous du sabot.

Les PINCES à SONDER pour détecter les abcès.

Notre Maréchal ferrant s’appelle Erwin ROSIER. C’est un Maréchal Ferrant d’expérience, Il va nous accompagner et nous faire partager son univers, Erwin est un passionné de son métier et il suffit de le voir à l’œuvre pour comprendre que le respect qu’il a envers les chevaux et les ânes va de paire avec l’amour de son métier.

Il transmet son savoir, ses conseils et sa passion lors de conférences et formations avec l’association BRAIRE. (www.braire.fr).

Les cavaliers ANGLAIS disent : ‘’ NO FOOT, NO HORSE’’

Pas de pied, pas de cheval’’ et pas d’âne.

En ce qui nous concerne nous allons étudier les pieds de l’âne :

Les antérieurs : les pieds de devant.

Les postérieurs : les pieds de derrière.

Les pieds se surveillent toujours en diagonale, l’antérieur droit va avec le postérieur gauche et vice-versa.

Pour surveiller la bonne santé des pieds il est indispensable, que votre animal donne facilement le sabot lorsqu’on lui demande, c’est une habitude qu’il faut donner à l’ânon dès son plus jeune age, et à chaque sortie il est impératif de vérifier les sabots et les nettoyer avec un cure pied, il est d’ailleurs recommander de toujours avoir cet ustensile sur soit en ballade, au cas ou un caillou ou autre corps étranger se fichait dans le sabot.

Il est recommandé de faire vérifier son animal par le maréchal ferrant au minimum 2 fois par an, au printemps et à l’automne.

Le pied de l’âne, ou sabot, est l’extrémité d’une charpente osseuse supportant le poids du corps. Il est conçu pour participer à la locomotion, pour résister à l’usure, aux chocs, aux intempéries. Il perçoit les vibrations venant du sol, ressent la douleur, le bien être. Il peut s’adapter à son environnement, il se renouvelle en permanence.

C’est une structure vivante !

En l’absence de soins et de surveillance, les dégradations, lésions, maladies vont s’installer et en perturber le bon fonctionnement…. S’ensuivent douleurs, baisse de moral, apparitions de phénomènes de compensation ; tout comme chez les humains.

« Qui veut voyager loin, ménage sa monture »…. Annonce le dicton.

« Qui veut faire travailler son âne, le soigne comme lui-même »

RAPPEL D’ANATOMIE

Le pied se compose de :

• Une enveloppe faite de corne, appelée boite cornée, constituée d’uns muraille ou paroi qui se replie à l’arrière et à l’intérieur pour former les barres.

• Un fond, la sole, dont la jonction avec la paroi forme la ligne blanche.

• A l’intérieur de cette boite cornée se trouve :-
- l’os du pied (ou troisième phalange)
- la partie inférieure de la deuxième phalange.
- l’os, petit sésamoïde ou naviculaire. Les articulations sont entourées de cartilages et de ligaments ; elles sont lubrifiées par la synovie contenue dans les poches.

• Un système d’amortisseur formé :

- du coussinet plantaire en matière fibreuse ;
- de deux cartilage ungulaires ou complémentaires qui encadre le coussinet ;
- de la fourchette en corne souple.

• Un système d’irrigation sanguine constitué d’artères, veines et d’un important tissu de vaisseaux.

• Un système nerveux très élaboré et sensible, qui évalue le froid, le chaud, la douleur, le bien être, capte les variations de pression, de tension, de posture. Il transmet ces informations à la moelle épinière, puis au cerveau qui, en retour, va gérer les situations et récupérer les déséquilibres ressentis.

Dans la couronne, la corne tubulaire, destinée à la paroi est fabriquée par le bourrelet cutidural ou principal, Le bourrelet périoplique sécrète le verni (périonix) qui recouvre la paroi.

Les mouvements du pied sont assurés :

- En flexion, par le tendon perforé et par le tendon perforant (qui coulisse sur le petit sésamoïde).
- En extension, par le tendon extenseur ‘’soudé’’ au sommet de la troisième phalange.

L’union de la paroi aux structures internes du pied est assurée par l’enchevêtrement des petites lamelles de cornes (kéraphylle), appartement à l’intérieur de la paroi, avec les très nombreuses et fines lamelles de chair disposées sur la troisième phalange (chair feuilletée ou podophylle).

La chair veloutée produit la corne de la sole.

DESSIN DU SABOT

CARACTERISTIQUES PHYSIQUES ET GEOMETRIQUES DU PIED

ASPECT EXTERIEUR :

Le volume des pieds est en rapport avec le poids et la corpulence de l’animal. Les parois sont lisse, brillante, naturellement sans déformation, elles peuvent porter des cercles de faible relief. Les sabots avants (antérieur) arrondis en pinces et identiques ; à l’arrière (postérieurs) un peu pointus et le droit est la copie du gauche.

GEOMETRIQUEMENT : Le pied est examiné :

1- De profil  : Axe unique pied/paturon. Angle paroi avec le sol environ 60 °. Paroi et talon parallèles. Hauteur du talon proche de la moitié de la hauteur de la paroi.

2- De face : Axe unique. Canon / Paturon qui partage le pied en deux parties égales. Parois de même hauteur.

3- De dessous  : Toujours un axe unique Canon / Paturon qui partage la face plantaire du pied en deux parties égales.

LA CORNE : La corne est un matériau à base de kératine. En paroi, elle pousse comme nos ongles, du haut (couronne) vers le bas, C’est l’avalure. 8 -10 mm par mois selon les sujets, la qualité de l’alimentation, les saisons, l’environnement….

La sole est aussi formée de corne de structure lamellaire.

La fourchette et les glomes (talons) sont constitués de corne souple et flexible différente de celle de la paroi. Au contact prolongé de l’humidité, la corne de la paroi se ramollit. Par temps chaud, elle durcit et devient cassate, L’urine et le fumier pourrissent la fourchette.

LES DEFAUTS DU PIED

(Ou pieds anormaux)

Toute forme qui s’écarte des définitions de la page précédente constitue une défectuosité du pied. Les conséquences peuvent être apparemment esthétiques ou handicapantes dans les déplacements, ou traumatisantes pour les structures internes du pied.

Chez l’âne, on trouve souvent :
- Deux ou quatre pieds ‘’panard’’
- Deux antérieurs ‘’cagneux’’
- Des pieds ‘’bots’’

Les axes entre les 1e/ 2e phalanges et 2e/3e forment un angle alors qu’il devrait être confondus. Ce défaut est fréquent chez l’âne.

Certaines de ces défectuosités peuvent être héréditaires et sont généralement associé à des défauts des membres. Malgré cela, l’âne est en équilibre naturel et il faudra faire avec.

D’autres anomalies apparaissent au cours de la vie, à la suite d’accidents, de maladie, d’absence de parage et de soins réguliers, de malnutrition, d’environnement défavorable. Voire même de parage inapproprié.

Par exemple :

- Pinces trop longues, talons trop bas (tendons fléchisseurs trop sollicités).

- Talons trop hauts avec une tendance à la verticalisation de l’axe des trois phalanges.

- Hauteur des parois inégales en talons (surcharges ponctuelles).

- Fourchettes absentes ou pourries (talons serrés), etc…..

Une attention particulière est à observer lorsqu’un seul pied se différencie des trois autres :

- Une paroi localement bombée et une ligne blanche très large, évoquent une possibilité de fourbure ancienne (risque de récidive).

- Des cercles épais à la surface de la paroi, signe de perturbation dans la pousse de la corne à la suite de maladie, changement de nourriture….

- Les fentes, les trous, les affaissements sont à regarder de près.

Au moindre doute, demander l’avis du Maréchal-ferrant ou du vétérinaire.

LES PRINCIPALES PATHOLOGIES DU PIED

Les seimes :

Ce sont des fentes sévissant dans l’épaisseur de la paroi depuis le bord d’appui au sol, en direction de la couronne. Origine : corne sèche, pince trop longue, coups…. Pour éviter la progression le Maréchal-ferrant barre la fente.

La seime peut être descendante, depuis la couronne vers le bord de l’appui. Il faut chercher la couse, pour éviter la reproduction du phénomène. Parer régulièrement. (Voir chapitre soins).

Les bleimes :

Les bleimes sont souvent découvertes à l’occasion du parage ou du nettoyage de la sole.

Origine : traumatisme affectant le système vasculaire situé au dessus de la sole, l’équivalent d’un coup sur un ongle chez l’humain Elles se manifestent par une tache rouge dans la sole. Elles se résorbent lentement, Surveiller rigoureusement l’évolution.

La fourmilière :

C’est une cavité qui progresse du bord d’appui vers la couronne, dans la paroi.

Origine : incrustation de gravillons dans la paroi et la ligne blanche, décollement de cette ligne, introduction d’une bactérie anaérobie qui décompose la corne.

Soins : nettoyage et désinfection. Demander les conseils du maréchal ferrant, Essayer de déterminer la couse. Les urines imbibant les litières et le sol décomposent la corne du pied et sont à l’origine de la séparation de la ligne blanche, de la pourriture de la fourchette et de l’apparition d’une ou plusieurs fourmilières par pied. La prévention passe par une bonne hygiène de l’habitat de l’âne, détection prématurée par des soins aux pieds réguliers.

Le clou de rue  : C’est la perforation de la sole, de la fourchette ou des talons par un clou dépassant d’une planche ou par tout autre objet métallique pointu.

Symptômes  : chaleur excessive du pied, boiterie de plus en plus affirmée. L’impact est découvert par sondage. C’est l’affaire du maréchal-ferrant. Un abcès s’est formé, sa mise à l’air apportera un soulagement immédiat, Désinfection et protection. Rechercher l’objet fautif et interdire les lieux à risque.

Atteinte de la couronne : Toute atteinte de la couronne aura une incidence sur la production cornée. Un coup, une coupure, une plaie purulente (abcès de l’intérieur du pied) seront désinfectés.

La fourbure  : Elle atteint généralement les ânes trop gros, trop gras. Une mise à l’herbe de printemps brutale, une nourriture trop riche (granulés) et l’absence d’activité en sont les causes principales, Chez l’ânesse, une rétention des enveloppes fœtales à la mise bas.

La fourbure est une congestion des pieds antérieurs, suivie de douleurs et chaleurs. C’est la manifestation d’un désordre interne, production de toxines, épaississement du sang… L’âne refuse de se déplacer, adopte la position ‘’campée’’ en soulageant la pince douloureuse. Mettre aussitôt à la diète, sur litière épaisse. Interventions du vétérinaire. Les douches des membres vont soulager l’âne. La douche s’effectue au jet d’eau, en pluie, depuis le sol en remontant au genou, sur toute la surface du membre, pendant 15 minutes. Si le déplacement est possible, la station dans un ruisseau est tout aussi efficace. Non soignée rapidement, la fourbure évolue jusqu’à la perforation de la sole par la 3e phalange.

La fourbure est souvent récidivante et de vient un handicap à vie.

Plus que toute autre affection ou atteinte, en rechercher impérativement la cause.

LES SOINS

Eté comme hivers, les pieds de l’âne ont besoin de soins attentifs. Le plus simple, à la portée de chacun et de chacune, est le nettoyage ou curetage de chaque pied.

Utiliser un cure pied (avec brosse au dos) dont la dimension de la partie active est en rapport avec la largeur des lacunes latérales. Le curetage est destiné à éliminer les galettes de terre ou de fumier collé à la sole et dans les lacunes.

En même temps, inspecter rapidement l’ensemble de chaque pied :
- Chaleur, état de la fourchette (décollement, désintégration)

- Détection de fourmilière en formation.

- Etat de la ligne blanche, fissuration, incrustation de gravillons dans la face plantaire de la paroi.

- Usure anormale, avancement de l’avalure, etc.

Fréquence du curetage : si possible journellement, sinon plusieurs fois par semaine. Cureter avant le travail, la promenade, les journées de randonnée et au retour, pour éliminer les gravillons incrustés sous le pied et procéder à un ‘’état des lieux’’.

Les soins s’organisent en fonction des conditions météorologiques. Durant les périodes sèches, chaudes ou très froides, la corne perd de l’humidité, devient cassante, se fendille… Appliquer un onguent de qualité, à base de produits naturel (graisse de poisson, huile de laurier, huile de pied de bœuf) sur toute la boite cornée et le dessous du pied.

Inversement la stagnation en terrain boueux, les semaines pluvieuses, la fonte des neiges vont ramollir la corne qui se déformera.

Appliquer du goudron de Norvège, comme précédemment. Les applications se font sur pieds propres et après séchage si nécessaire.

Il est important de soigner son âne, mais sans abuser de ces produits pour ne pas avoir un résultat inverse à celui attendu.

Il existe dans le commerce, d’autre produits destinés à :
- Durcir la corne (Keratex)
- Stimuler la pousse (Biotine, huile de laurier)
- Régénérer la fourchette et l’assainir (liqueur de Vilatte, huile de cade).

Si nécessaire apporter les compléments alimentaires pendant la croissance ou lors de carence (oligo-éléments, produits soufrés…). Le maréchal ferrant qui pare régulièrement votre âne a acquis une bonne connaissance de ses qualités et défauts, de son environnement et de ses besoins. Il saura vous guider dans le choix des produits d’entretien de ses pieds ainsi que dans la période et la fréquence d’utilisation.

LE PARAGE

Le parage est une opération indispensable, quelle que soit l’utilisation de l’âne.

Le parage est destiné à éliminer la corne excédentaire, rétablir les appuis naturels de chaque pied, respecter certains défauts irréductibles et éviter leur progression.

Un parage correct sert à :

- Conserver les conditions optimales de fonctionnement des structures internes du pied
- Equilibrer le mode d’appui au sol
- Rendre la locomotion confortable.

Après avoir observé l’âne en station debout et en marche, le maréchal-ferrant estime globalement les qualités et défauts de se aplombs et de ses pieds.

Il effectue le parage : coupe la corne excédentaire, équilibre les hauteurs de paroi, rafraichît la sole, modèle la fourchette, retouche éventuellement les barres, et termine par un chanfrein sur le périmètre de la face plantaire.

Il utilise le rogne pied, la rénette pour la fourchette et la sole, la râpe pour le chanfrein. Le parage peut s’effectuer entièrement à la pince à parer. Jamais au sécateur, le vernis (périonix) est soigneusement conservé.

Le parage régulier met en évidence la fourmilière, bleime, seime détérioration de la fourchette, et bien d’autres choses désagréables… C’est aussi l’occasion d’évaluer la qualité de la corne, son évolution au cours des mois passés, d’anticiper pour l’avenir.

(Voir la liste et la photo des outils du maréchal-ferrant en début de rubrique).

LA FERRURE

L’âne marche ‘’pied nu’’. Mais pour une utilisation intense, il pourra être ferré. A l’approche de la ferrure, le maréchal-ferrant doit savoir que l’âne est malicieux, que sa perception est intuitive, et que c’est lui qui choisira de coopérer ou non !

Il est préférable de le manipuler avec précaution, en respectant ses manies, plutôt que d’utiliser la force. Les fers sont façonnés par le maréchal ferrant à la taille des pieds, C’est bien le fer qui est ajusté au pied et non pas le contraire. Avant ferrure un parage correct est indispensable.

IL EST IMPORTANT DE CONNAITRE SON ÂNE, ET DE BIEN S’EN OCCUPER MAIS NE VOUS IMPROVISER PAS MARECHAL –FERRANT, APHOTHICAIRE OU VETERINAIRE.

A CHACUN SON METIER ET LES ÂNES SERONT BIEN SOIGNES.

MORPHOLOGIE de L’ÂNE

SIMILITUDE OSSEUSE

ENTRE LA MAIN ET L’AVANT DE L’ÂNE :

Pour absorber les chocs et les vibrations de ses déplacements, l’âne a plusieurs niveaux d’amortisseurs.

Au niveau des épaules, les structures ne sont pas fixées à la colonne sur le plan osseux. Il y a une énorme structure musculaire, qui fait la plus grande partie de l’amortissement.

SIMILITUDE OSSEUSE

ENTRE LE PIED ET L’ARRIERE DE LÂNE

Le centre de gravité de l’âne n’est pas centré, il est plus sur l’avant de l’animal. Il est important de la savoir et d’y prêter attention lors de du battage et de la charge.

Si une personne de 60 kg monte sur un âne, au centre du dos, nous n’avons pas 15 kg réparti sur chaque pied, mais 40 kg sur l’avant et 20 kg sur l’arrière.

Nous constatons que dans les pays d’Afrique du nord, les âniers montent sur l’arrière de leur bête.