Le poème de l’Âne

J’aime l’âne si doux

Marchand le long des houx

Il a peur des abeilles

 Et bouge ses oreilles. 

Il va près des fossés

D’un petit pas cassé 

Il réfléchit toujours

Ses yeux sont de velours. 

Il reste à l’étable

Fatigué, misérable.

Il a tant travaillé

Que ça vous fait pitié. 

L’âne n’a pas eu d’orge

Car le maître est trop pauvre.

Il a sucé la corde

Puis a dormi dans l’ombre. 

Il est l’âne si doux

Marchant le long des houx……

 

                                                                 Francis Jammes